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Le projet AKA
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Avec la mondialisation de l’économie qui ouvre la voie à toutes les formes de concurrence, l’Afrique doit se battre pour ne pas perdre ses forces vives. Elle doit aussi définir un programme ambitieux pour valoriser ses importants atouts que sont ses ressources humaines, et plus particulièrement sa jeunesse.

Le projet Africa Knowledge Alliance (AKA) d’Ankhamon, est un projet qui s’inscrit dans cette perspective. Il s’adresse à toutes les bonnes volontés qui se préoccupent des problèmes de développement en Afrique sub-saharienne, et plus particulièrement aux milliers d’africains expatriés qui souhaitent découvrir ou retrouver « la joie de servir la terre nourricière » d’Afrique, malgré leur éloignement.

Un rapport du forum politique mondial publié en 2003 estime à 70 000 le nombre d’africains hautement qualifiés, qui quittent leur pays d’origine chaque année pour les pays occidentaux !

Il n’existe pas de statistiques récentes sur ce problème complexe qui handicape l’Afrique pour son développement, mais de nombreux africains préoccupés par ce phénomène estiment que la situation s’est aggravée ces dernières années. Le phénomène est d’autant plus inquiétant que lors d’une conférence le 21 avril 2006 à Johannesburg organisée par les universités de Boston et de Witwatersrand, dix anciens présidents africains ont lancé un appel aux africains établis à l’extérieur du continent à revenir participer au développement du continent.

Quelques données, collectées de part et d’autres témoignent de l’ampleur de cette crise qui touche l’Afrique.

  • Un rapport du PNUD daté de 1993 indiquait que plus de 21 000 médecins nigérians exerçaient aux États-unis. Ce même organisme estimait que 60% des médecins formés au Ghana dans les années 80 avaient quitté le pays.
  • En 2002, le gouvernement zimbabwéen relevait qu’environ 2 297 médecins et personnels infirmiers avaient quitté le pays dans les neufs premiers mois de l’année.
  • Selon l’Organisation des personnels infirmiers d’Afrique du Sud (DENOSA), en 2002, ce pays perdait chaque mois 300 infirmiers spécialisés.
  • Selon l’Agence France Presse, entre 25% et 50% des universitaires africains vivent hors du continent.
  • Selon des estimations de l’UNESCO en 1999, plus de 30 000 africains titulaires d’un doctorat travaillaient hors du continent et plus de 25 000 boursiers africains venus faire leurs études dans les pays de l’Union Européenne n’avaient pas regagné leur pays d’origine.
  • Un rapport de la banque mondiale, élaborée en 1990, constatait qu’il y avait un médecin pour 22 970 habitants au Ghana, contre un ratio de 1 médecin pour 420 aux États-unis. Les experts estiment que pour les interventions sanitaires essentielles, il faut 1 médecin pour 10 000 habitants ; il en résulte que ce pays avait besoin en 1990, d’un minimum de 3 000 médecins pour ses interventions essentielles, alors que le pays ne disposait que de 1600 médecins. Pendant ce temps, l’association médicale du Ghana estimait qu’à New York seulement, 600 médecins originaires du Ghana exerçaient leur profession.
  • L’agence Panapress annonçait dans un article publié par le journaliste Paul Ejime en novembre 2003 que le nombre de médecins béninois travaillant en France tait plus élevé que celui de leurs confrères exerçant dans le pays.
  • Selon un article publié en juillet 2003 dans Afrique relance par Gumisai Mutume intitulé : « inverser la fuite des cerveaux africains », pour compenser le manque d’effectifs qualifiés, les pays africains consacrent chaque année environ 4 milliards de dollars à l’emploi d’environ 100 000 experts expatriés non africains »

Le phénomène d’expatriation d’africains qualifiés hors du continent va inévitablement s’amplifier pendant les années à venir. Nous trouvons deux facteurs qui favoriseront ces départs : l’un interne à l’Afrique et l’autre externe.

- Facteur interne : les conflits sociaux en Afrique, les guerres, le niveau du chômage des jeunes très élevé, les bas salaires, les conditions de travail et de vie difficiles, le système sanitaire défaillant, le système éducatif en déclin, les frustrations dans le milieu professionnel.

- Facteur externe : les pays de l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE), composé des pays riches seront confrontés dans quelques années à de graves déficits de ressources humaines du fait du vieillissement de leurs populations, de l’allongement de l’espérance de vie et de leurs faibles taux de natalité.

La division Population du département des affaires économiques et sociales des Nations Unies avait publié en 2000 un rapport intitulé « Replacement Migration : is it a solution declining an Ageing Populations », examinant et évaluant les différents scénarios de flux migratoires vers les principaux pays de l’OCDE afin de compenser la diminution et le vieillissement de leur population à l’horizon 2050. Ce rapport part du constat établi à l'occasion des exercices de projection de la population réalisés en 1998 par cet organisme.

D’après ce rapport, « à l’horizon du prochain demi-siècle, de nombreux pays devraient connaître, d’une part, une diminution de leur population en raison de la persistance d’un taux de fécondité inférieur au taux de renouvellement des générations et, d’autre part, une déformation prononcée de la structure par âge de la population avec un poids croissant des plus de 60 ans sous l’effet du vieillissement de la population ».

Le rapport considère que quelles que soient les incertitudes entourant ces travaux de projections, la fécondité ne pourra pas augmenter dans le futur à un niveau tel que soient renversées les tendances à la décroissance et au vieillissement de la population. Par ailleurs, la diminution des taux de mortalité, appréhendée par les gains d’espérance de vie, est un facteur qui accentue les tendances des projections.

On peut donc déduire que, malgré les durcissements des politiques d’immigrations, les pays de l’OCDE ouvrirons des passerelles et développerons des politiques encourageant la jeunesse mondiale qualifiée à s’installer chez elle. La jeunesse africaine qualifiée ne sera évidemment pas exclue de ce mouvement.

Faut-il pour autant s’alarmer face à cette situation et aux prévisions des organismes internationaux ?



 
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